L’Europe dans la course

Députée européenne Europe-Écologie (actuelle vice-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen) et tête de liste pour les élections européennes dans la région Sud-Est, Mme Michèle Rivasi a répondu aux questions que nous avons posées aux différents candidats. Un point de vue que nous avons choisi de publier, par respect du pluralisme des idées et par devoir d’information…

LISTE EUROPE ÉCOLOGIE

Michèle Rivasi

Aujourd’hui plus de 76.000 personnes vivent en France grâce à la filière hippique. Cette filière ne mérite-t-elle pas à vos yeux un traitement particulier au sujet de la TVA, comme en ont par exemple bénéficié les activités équestres ?

La filière hippique et la filière équestre sont deux mondes différents et n’engrangent pas du tout les mêmes profits. Il était important de protester contre la hausse de la TVA pour les centres équestres, et le Gouvernement a concédé à quelques aménagements pour que ceux-ci ne soit pas trop durement touchés par la hausse de la TVA à 20 %. Malgré cela, de nombreuses structures sont aujourd’hui en liquidation judiciaire et doivent fermer leurs portes, au grand dam des gérants et des cavaliers. En ce qui concerne la filière hippique, celle-ci n’est pas à plaindre, et je fais confiance à ses représentants pour venir s’exprimer à Bruxelles pour promouvoir son importance économique et agir avec les différentes fédérations européennes.

L’Europe a obligé la France à développer une concurrence au PMU sur les paris en ligne. Avec le recul, pensez-vous que cela a été bénéfique de briser le monopole du PMU ?

Je n’ai pas d’avis sur cette question.

Les enjeux sur les paris hippiques chutent depuis quelques mois alors que ceux sur les paris sportifs augmentent considérablement. Faut-il à votre avis briser les monopoles que la Française des Jeux et le PMU ont respectivement appliqués sur l’activité des paris sportifs et hippiques dans les points de vente ?

Je n’ai pas de passion particulière pour les courses et estime même qu’il s’agit d’une activité assez malsaine. Le jeu peut devenir une obsession pour certains, qui vont jusqu’à ruiner leur famille pour assouvir leur fièvre du gain. Et derrière le décor, il y a des chevaux qu’on exploite et qui souffrent…

Êtes-vous favorable à une harmonisation européenne des règles hippiques (médication, code des courses, fiscalité) ?

Une harmonisation européenne des règles hippiques permettrait en effet de garantir le bien-être des chevaux de course, donc oui je suis pour.

Les courses, notamment d’obstacle, sont montrées du doigt au nom du bien-être animal. Faut-il selon vous donner le même statut au cheval qu’à un animal domestique ?

Il est tout à fait normal de s’inquiéter du bien-être des chevaux de course. Ceux-ci sont exploités au-delà de leurs capacités physiques, souvent dopés pour être plus performants et n’existent aux yeux de leurs propriétaires que comme machines à gagner de l’argent. Pour les courses d’obstacle, il arrive que les entraîneurs mettent des liniments irritants sur les jambes des chevaux, ou bien des barbelés, pour que les chevaux fassent tout pour éviter un contact avec la barre et sautent donc par-dessus. Seuls les grands cracks bénéficient d’un traitement de luxe. Ceux qui ne sont pas assez performants sont vite réformés, et au lieu d’avoir une retraite bien méritée, prennent la direction des abattoirs et subissent des conditions de transport parfois inacceptables. C’est pour cela que donner aux chevaux le statut d’animal de compagnie permettrait de classer en actes de cruauté les mauvais traitements qu’ils sont nombreux à subir. Pour rappel, le code pénal prévoit, dans ses articles 521-1, R. 653-1, R. 654-1 et R. 655-1, des peines d’emprisonnement et d’amende pour actes de cruauté ou mauvais traitements envers un animal domestiqué ou apprivoisé ou tenu en captivité. Ainsi les auteurs de maltraitance pourraient être condamnés plus lourdement et les conditions de vie des chevaux améliorées.

Michèle Rivasi,
députée européenne Europe-Écologie
et tête de liste pour les élections européennes dans la région Sud-Est

(Paris-Turf)

> Consultez le droit de réponse de Patrick Fellous

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